La Mésopotamie antique fait l’objet de passionnantes découvertes depuis le xixe siècle. Berceau de notre civilisation, elle a vu naître l’écriture vers la fin du IVe millénaire av. J.-C. Les centaines de milliers de textes qui nous sont parvenus de ces époques lointaines, alliés aux témoignages archéologiques, nous font connaître un monde enchanté où tout, à divers degrés, est sacré. Chaque activité humaine implique l’intervention d’un dieu.
Dans ce contexte, les temples consacrés aux divinités ont de quoi nous surprendre. Loin d’être simplement des lieux de culte, où le clergé prenait soin des divinités présentes dans des statues, ils étaient le cadre d’activités de la vie quotidienne : les temples de Shamash, dieu de la justice, fonctionnaient comme des tribunaux ; ceux de Gula, déesse de la santé, comme des centres de cure ; ceux de Nabu, dieu de l’écriture, comme des bibliothèques ; ceux d’Ishtar, déesse de l’amour, comme des maisons de plaisir.
En un mot, retracer la vie méconnue de ces temples, c’est tenter de recouvrer celle de ces hommes d’un autre temps. Tel est l’objet de ce livre issu de l’enseignement de Dominique Charpin au Collège de France.
Born on 12 June 1954 in Neuilly-sur-Seine, Charpin was in high school when a trip to Turkey and a stay in Syria and Lebanon in the following year determined his vocation. After graduating with a bachelor's degree in 1971, he pursued his studies in history, and more specifically chose to study epigraphy rather than archaeology, but learned these two subjects, and began to practi...